On entend parfois que halal ou casher riment avec « meilleure qualité ». L’affirmation est à la fois fausse et très instructive.
Fausse, car aucun rite ne rend, par magie, une viande plus tendre ou un produit plus nourrissant. Le certificat ne change pas la biochimie.
Instructive, car ces filières imposent précisément ce dont le reste de l’industrie rêve : une traçabilité stricte, une discipline documentaire, un contrôle à chaque étape, une chaîne où l’on sait d’où vient quoi et qui a fait quoi. Cette exigence, maintenue sous peine de perdre la certification, tire souvent toute la filière vers le haut.
Autrement dit, ce n’est pas la dimension religieuse qui élève la qualité : c’est la rigueur qu’elle impose. Et cette rigueur-là, n’importe quel industriel pourrait s’en inspirer, sans aucun certificat.
Confrères : et si la vraie leçon du halal et du casher n’était pas spirituelle mais industrielle — la traçabilité comme standard, pas comme exception ?